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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 13:49

 

             La semaine dernière, l’hebdomadaire Marianne publiait une estimation du montant de la retraite de François Hollande qui représenterait une somme de 36.000 euros par mois.

 

           Très vite, l’Elysée a démenti par la voix de Sylvie Hubac directrice de son cabinet, qui a déclaré : "en supposant que François Hollande demande le moment venu la liquidation de toutes les pensions auxquelles il a droit", c’est "une dotation mensuelle de 15.114 euros nets qu’il recevra" Pas mal, quand même, pour une dotation !!! Il est vrai qu’on ne parle pas ici de retraite mais de dotation, hors de question de mélanger les serviettes et les torchons! Beaucoup de français aimeraient eux aussi voir leur retraite ainsi transformée en simple dotation !

 

             François Hollande additionnera, selon la porte parole de l’Elysée :

 

                       - 3.473 euros nets mensuels de retraite venant de la Cour des comptes,

 -  235 euros nets comme ancien élu local,

- 6.208 euros nets par mois pour sa retraite de parlementaire,

- 5184 euros pour sa fonction de président de la République,

- un capital de 545 euros versé en une fois à raison de ses activités d’enseignement - 68 euros nets annuels pour ses activités d’avocat.  

 

               Comme tous les «Français de droit commun» je m’interroge sur les cumuls bizarres conduisant à cette situation privilégiée.


               L'article 25 de la loi du 13 juillet 1983 pose le principe général applicable à tout fonctionnaire, titulaire ou non: « Les fonctionnaires et agents non titulaires de droit public consacrent l'intégralité de leur activité professionnelle aux tâches qui leur sont confiées » 0r, si on consulte la biographie de monsieur Hollande, on constate qu’il n’a exercé en qualité de conseiller référendaire à la Cour des comptes que de 1984 à 1988 soit quatre années.


              Rappelons son parcours :


              De 1983 à 1984 il est directeur de cabinet des ministres Gallo et Dumas et devient ensuite Président du club Pierre Mauroy.


             En 1984, il devient conseiller référendaire à la Cour des comptes (retraite nette 3473 euros mensuels). 


             Aux élections législatives de 1988, qui font suite à la réélection Mitterand, il est élu député de la première circonscription de la Corrèze.


                De 1988 à 1991, il est professeur d'économie à l'Institut d'études politiques de Paris.

            

                En 1993, il perd son mandat de député. Il prend la présidence du club «Témoin» de Jacques DELORS qu'il conserve jusqu'en 1997.


                 En 1997, après la victoire de la gauche plurielle, François HOLLANDE retrouve son siège de député de la Corrèze et devient premier secrétaire du parti socialiste. Il conserve ce siège jusqu’en 2012.


               Sauf erreur de ma part monsieur Hollande n’a donc exercé à la Cour des comptes que de 1984 à 1988. Ainsi «monsieur le Président» (né en 1954)  aurait acquis, en 4 ans d’exercice, et dès l’âge de 34 ans, une retraite de 3 473 euros nets mensuels !!!


              Cela s'explique par le détachement. Un fonctionnaire peut être détaché de son corps d'origine par exemple s'il devient membre du gouvernement, de l'Assemblée nationale, du Sénat, du Parlement européen ou pour effectuer un mandat local. Pendant cette période, il est rémunéré dans le cadre de son nouvel emploi, mais il continue de bénéficier de son droit à l'avancement dans son corps d'origine et de ses droits à la retraite. Un peu comme si un salarié du privé cumulait, sans cotisation supplémentaire, ses droits à retraite chez deux employeurs à la fois.


              Voilà une proposition démagogique alléchante qui manque dans le programme du PS !


             Si on ajoute, en outre, que jusqu'en novembre 2010, les députés pouvaient profiter de la règle de la double cotisation, qui leur permettait de cotiser doublement à leur caisse de retraite lors de leurs trois premiers mandats de 5 ans à l’Assemblée (5 ans = 10 ans de retraite), on frise la comédie. Un député ou un sénateur pouvaient donc cotiser 22,5 ans pour obtenir une retraite complète, contre plus de 40 ans aujourd'hui pour un salarié lambda.


             Bruno Le Maire est élève de l'ENA comme François Hollande et beaucoup d'autres. Son corps d'origine est celui des conseillers des affaires étrangères au quai d’Orsay. Il en a démissionné en 2012. Pour montrer l'exemple et faire cesser cette bouffonerie, il a déposé une proposition de Loi pour que députés et sénateurs soient obligés de démissionner de la fonction publique une fois élus au Parlement. Cette proposition n’a jamais été étudiée, pas plus que celles de messieurs Wautiez et de Villiers également députés, demandant l’alignement de la retraite des parlementaires sur le régime général !


              Les salariés ayant travaillé 42 ans pour 1200 euros de retraite par mois apprécieront.


             Certes les hommes politiques ont pour habitude de se concocter des règles en or, mais, quand même, comment monsieur Hollande, «Président normal» peut–il affirmer être, fondamentalement, l’ennemi déclaré de la Finance puisqu’il va recevoir une retraite digne des grands capitaines du CAC 40, lui qui, en outre, n’a jamais pris le moindre risque financier ? Comment ose-t-il déclarer être choqué par les «retraites chapeau» ?


               Comment peut-il prétendre être de Gauche et lutter contre les inégalités lui qui comme député profitait en plus de tous les avantages cités ci-dessus, d’un régime fiscal favorable aux parlementaires leur permettant de ne payer que 50% de l’impôt sur le revenu (cf le Canard enchaîné) ? Doit-on évoquer en outre leur indemnité représentative de frais d’un montant de 6412 euros bruts mensuels non imposable ? Doit on évoquer enfin les différents moyens pratiques mis à la disposition d'un député : en matière de déplacement, il bénéficie notamment d'un accès gratuit à l'ensemble du réseau SNCF en 1ère classe et de la prise en charge de 80 déplacements aériens par an entre Paris et sa circonscription. Il dispose également d'un bureau individuel au sein du Palais Bourbon ou de ses dépendances. Chaque député bénéficie de la prise en charge de ses frais de communication (Internet, téléphone, courriers, ...). Inutile d’en rajouter en évoquant la buvette ou la cantine d’un attrait qualité prix incomparables …


              Nul doute que, complice de ces excès insupportables monsieur Hollande est un homme de gauche comme je suis un  pygmée d’Afrique tropicale …


 

                  Pour une fois les politiques se font peu «diseux», ses opposants Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen ne semblent pas choqués. Sarko démontre qu’on peut être président d’un parti politique et continuer de faire prospérer «sa petite entreprise». En effet, l’ancien chef d’Etat n’a pas abandonné ses très lucratives conférences qu’il donne à l’étranger. Le 6 décembre dernier, c’est à Doha, au Qatar, que le chef de l’opposition s’est rendu. Quant à Marine Le Pen qui met rarement les pieds au Parlement Européen, elle touche 11.000 euros nets fixes  par mois majorés, pour chaque jour de présence aux réunions des organes du Parlement (c’est à dire faire son métier), d’une prime supplémentaire de présence forfaitaire de 304 euros. Quant à son père Jean-Marie Le Pen il ne fait pas son travail de parlementaire. Il est classé, selon sa présence et son nombre de votes au Parlement européen en 720e position sur 754 eurodéputés.

                      

                 Terminons en par Sarkozy ou Giscard qui, refusant de siéger au Conseil constitutionnel perçoivent 13 527,78 euros bruts par mois la boucle est bouclée. Combien de temps encore allons nous accepter un tel affront, une telle provocation à l’endroit de ceux qui se lèvent tôt comme disait Sarko ?


                Les élections venues, le citoyen aura le choix entre les  profiteurs d’un système politique éreinté ou préférer la pêche à la ligne. Nos élus hypocrites mais trop contents d’être réélus se déclareront une fois encore «préoccupés» par l’abstention massive se promettant un jour de remettre de l’ordre dans la maison France …


                 Un jour oui : mais quand ?

 

 

 

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Published by Gérard Facon - dans politique
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  • Gérard Facon
  •  Formation économique, juridique, banque, comptabilité publique. Diplômé de l'Ecole Nationale du Trésor.
 Trésorier Principal du Trésor Public  honoraire, Directeur d'études Caisse des dépôts,coopérant finances à l'étranger.
  • Formation économique, juridique, banque, comptabilité publique. Diplômé de l'Ecole Nationale du Trésor. Trésorier Principal du Trésor Public honoraire, Directeur d'études Caisse des dépôts,coopérant finances à l'étranger.

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