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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 16:47

Par Bernard Langlois Politis.fr - 31 décembre 2012

 

 « Mes chers compatriotes.

 

« Si je m’adresse à vous ce soir, dans le JT de ce pauvre Pujadas, c’est uniquement pour respecter une tradition à laquelle, braves gens, vous avez la faiblesse de tenir : les vœux de bonne année.

 

« Mais je n’ai rien à vous souhaiter que de continuer à serrer les fesses et à bouffer des cailloux. Soyez courageux, ne vous suicidez pas trop nombreux (et si vous le faites, épargnez au moins votre famille), ne cédez pas au modèle du carnage dans les collèges et les maternelles à la mode US.

 

« Une minorité d’entre vous va continuer à bien vivre, voire de mieux en mieux pour certains. Les autres, la grande masse des autres, continuera à patauger dans la médiocrité, quand ce n’est pas dans la misère.

« Je n’y peux rien, vous le savez bien.

 

« Vous avez voté pour moi pour vous débarrasser d’un individu malfaisant qui faisait honte à la France et à son histoire. Et vous avez bien fait.

 

« Mais vous voyez bien que je suis moi-même, et mes équipes, totalement impuissant à faire mieux.

« Comme lui avant moi, devant le chômage que rien n’endigue, les usines qui ferment, les villages qui meurent, les sans-logis, sans-pain, sans-rien qui croissent et se multiplient, les prisons qui explosent dans la honte, les hôpitaux et les écoles qui ferment, je ne peux rien.

 

« Je ne peux rien, car comme lui, j’ai prêté serment d’allégeance à l’Empire, à son protectorat européen dont je suis, es-qualités, un des cogérants. Et donc à la ploutocratie régnante, dont je ne peux être, à la place où je suis, que l’humble serviteur.

 

« Je peux, sur les tréteaux, comme faisait mon illustre prédécesseur et modèle, le Florentin, je peux bien tonner contre l’argent : quand Mme Parisot élève la voix, que toussent MM. les banquiers, que sévissent les agences de notation, que grognent tout ensemble le FMI, l’OMC, la Banque mondiale, Mme Merkel et qui sais-je encore (ah oui ! Que jappe sous la table M.Chérèque) : je ne peux rien faire que me coucher en boule à leurs pieds.

 

« A moins de vous appeler à la révolte. A vous prêcher la Révolution. Mais je n’y crois pas et je ne suis pas sûr que vous-mêmes soyez très nombreux à y croire : sinon vous auriez élu M.Besancenot ou M. Mélenchon …

 

« J’affirme être un social-démocrate. Et les éditorialistes serinent en boucle que je le suis. Historiquement, c’est faux, je le sais bien. Et ils devraient le savoir aussi (à quoi sert donc Sciences-Po ?).

« La social-démocratie (celle de Jaurès, de Guesde, de Pivert et — au moins en paroles — de Blum et de Mollet) entend toujours aboutir au socialisme : c’est-à-dire à une société sans classe et à l’appropriation collective des moyens de production et d’échange. Comme le Parti communiste, alors ? Oui. Mais en passant par la réforme et en faisant l’économie de la révolution. Le but reste le même, les moyens diffèrent : la rupture date de 1920 et du Congrès de Tours.

 

« Vous pensez bien que ni moi, ni mon Parti — qui continue sans vergogne à se proclamer socialiste — n’avons la moindre intention d’instaurer une société socialiste ! Ce serait déjà bien beau si nous parvenions à mettre un peu de soleil dans votre eau froide, quelques fleurs à vos chaînes …

 

« Socialistes ! Non, mais vous voyez ce brave Ayrault et ses rêves aéroportuaires, socialiste ? Moscovici, ce muscadin jouisseur, socialiste ? Vous imaginez en socialiste le roi de l’implant capillaire que j’ai nommé au Budget ? Ou l’homme pressé de la place Beauvau ? Ou la grande bourgeoise éparpillée sur son tapis devant l’âtre qui sévit aux Affaires sociales ? Ou …

 

« Et moi-même, avec mes airs de bon notable, avec ma tigresse qui suinte l’arrivisme médiocre, vous nous sentez une fibre socialiste ?

 

« Soyons sérieux.

 

« Je n’ai rien à vous souhaiter, rien à vous promettre. La Crise — ce qu’on nomme ainsi — est encore devant nous, et nous ne sommes pas près d’en sortir, si jamais nous en sortons autrement que dans la guerre et la déflagration générale.

 

« Vous voyez bien comme tout cela me dépasse, et que je n’ai guère d’autre projet que de durer, de persévérer dans l’être, ce dont vous n’avez rien à cirer, et je le comprends fort bien.

 

« En cette fin d’année 2012 et avant d’ouvrir la page de 2013, qui sera pire encore, n’en doutez pas, voilà le discours que j’aurais dû vous tenir au lieu des fadaises que je viens de débiter.

 

« Si seulement …

« Si seulement, mes chers compatriotes, si j’avais eu … de l’honneur et des couilles. »

 

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Published by Gérard Facon - dans politique
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commentaires

jp echavidre 03/01/2013 17:13

Jugement un peu "féroce" mais réaliste tout de même. En tous cas très drole..
Bien cordialement

J.P.E

Gérard Facon 03/01/2013 17:30



  Ca change un peu et bon pour le moral



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  • Gérard Facon
  •  Formation économique, juridique, banque, comptabilité publique. Diplômé de l'Ecole Nationale du Trésor.
 Trésorier Principal du Trésor Public  honoraire, Directeur d'études Caisse des dépôts,coopérant finances à l'étranger.
  • Formation économique, juridique, banque, comptabilité publique. Diplômé de l'Ecole Nationale du Trésor. Trésorier Principal du Trésor Public honoraire, Directeur d'études Caisse des dépôts,coopérant finances à l'étranger.

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