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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 19:32

                     Louis Gallois a remis son rapport hier, et, dès ce matin, le Premier ministre a annoncé les premières mesures destinées à mettre fin au décrochage industriel de notre pays. Les mesures proposées reprennent, pour l’essentiel, celles que proposait déjà Attali chargé, par Sarkozy, de la même mission. La différence avec la droite c’est que la gauche, elle, décide de mettre courageusement en œuvre l’essentiel des mesures préconisées.

 

                        Il faut préciser qu’il y a urgence, qu’il n’est plus possible de refuser de regarder la vérité en face en tentant de la masquer par une frénétique course à l’endettement.

 

                        Voilà en moins de trois semaines un deuxième plan d’assainissement, et en un an,  trois si on prend en compte celui de Fillon début 2012. Et pourtant, en dépit de ces efforts nous ne serons toujours pas en capacité de retrouver notre rang d’exportateur incontournable. Il faudra faire plus encore, nous devons nous y préparer.

 

                        Alors que les mesures sont plutôt intelligentes, qu’elles répondent à l’impérieuse nécessité de réduire la dépense publique, le consensus souhaité par Louis Gallois n’est manifestement pas au rendez-vous.

 

                        Les syndicats refusent toute flexibilité, toute augmentation du temps de travail. La gauche interprète, à son avantage, le rapport Gallois comme une critique sévère de la politique des dix dernières années. La droite qui demandait hier l’application du plan Gallois déclenche l’artillerie lourde et critique en bloc les mesures annoncées ce matin. Le patronat déclare déjà ne pas y retrouver son compte et faire les frais de la chasse aux pigeons.

 

            Quant aux français il faudra attendre les sondages pour savoir ce qu’ils en pensent et, plus encore, s’ils s’y retrouvent …

 

                        Louis Gallois situe le début de notre décrochage au début des années 80 et non au début des dix dernières années. Si on prend comme référence les dix dernières années, on y retrouve un fait majeur, l’arrivée de l’euro. Le passage à l’euro a mis fin à nos dévaluations spéculatives protégeant artificiellement notre commerce extérieur. Désormais notre compétitivité repose sur notre seule capacité à faire face à la mondialisation.  

 

                        Au final personne n’est satisfait mais, au moins, le gouvernement a «craché le morceau», la France va mal, aujourd’hui enfin tout le monde le sait.

 

                        En matière de réduction de la dépense publique le débat va reposer sur un choix simple : coupe sombre ou coupe claire ?

 

                        Le choix d’une coupe sombre consistera à conserver notre système et à éliminer ici ou là les branches mortes, les services devenus inutiles. Celui d’une coupe claire consistera à revoir profondément notre système. Le gouvernement va donc devoir faire des choix difficiles.

 

                        Réaliser 10 milliards d’euros d’économies par an n’est pas irréalisable mais va exiger des choix clairs, sans commune mesure avec les pratiques habituelles. Il faudra tout d’abord choisir notre niveau de protection sociale avant même de parler de son financement.

 

                       Il faudra clairement réfléchir à notre organisation administrative qui coûte une fortune en doublons. Département ou région il faut choisir, mais, en tout état de cause, supprimer une de ces deux structures de notre «mille feuilles». Au niveau européen le choix du maintien de la région s’impose. Sur ce point j’ai bien peur que le gouvernement «encadré» par l’armée de ses élus locaux ne renonce à ce choix pourtant incontournable.

 

                        De toute manière les collectivités locales vont devoir se serrer la ceinture, la pression fiscale étant devenue insupportable. Les contraindre à supprimer des investissements de confort ne me dérange pas. En revanche, la politique sociale, le RSA par exemple, étant financée par les départements, le risque est grand de pénaliser les amochés de la vie. Ceci n’est pas contradictoire avec l’exigence de refuser l’assistanat qui met à mal la valeur travail. Plus que jamais il va falloir chasser le gaspi, traquer les fraudeurs, c’est ce qu’expriment les français dans leur vote extrémiste. . Ils savent parfaitement que les solutions préconisées par Mélenchon ou Le Pen sont irréalistes mais c’est leur seule façon d’exprimer leur ras le bol.

 

                       Trop de français se demandent aujourd’hui si le travail est encore une valeur noble.

 

                       Comme beaucoup je m’interroge sur la forme que va prendre la fiscalité écologique, mais je ne m’interdis pas de penser qu’elle pourrait être prétexte à la protection économique de nos frontières, notamment à l’égard des pays émergents peu soucieux du respect de leurs populations.  

 

                     Ce gouvernement taxé d’immobilisme vient de prendre des décisions courageuses, uniques dans notre histoire, il va s’exposer aux critiques systématiques de l’opposition, aux réticences de certains parlementaires de la majorité.

 

                        En citoyen politiquement neutre je lui reconnais bien volontiers le courage de ses choix.

 

                        La droite peut faire le ménage devant sa porte, au lieu de prendre des mesures impopulaires elle a préféré recourir à la dette, elle n’a pas de leçons à donner.

 

                        Au fond j’attends que Bayrou s’exprime. Provisoirement isolé, il a été puni pour avoir été le premier à dire la vérité, mais il reviendra pour être la seule alternative à des combats idéologiques d’un autre temps  … Je suis persuadé que Hollande le garde en réserve car il sait que notre redressement passe par une mobilisation dans la tolérance.

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Published by Gérard Facon - dans politique
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commentaires

Colbert 10/11/2012 16:56

Marie France Garaud

Une vraie femme d'esprit et de sagacité politique, on est loin des journalistes ou "politiciennes" hystériques et crétines qu'on nous impose toute la journée

http://www.youtube.com/watch?v=DWlGMTcnGK0

jp echavidre 07/11/2012 00:49

je trouvais le plan présenté par Louis Gallois intelligent et très réfléchi. cela ne m'a d'ailleurs pas étonné car l'homme est très compétent et lui connait l'industrie et les industriels. Je pense
que son rapport a fini de convaincre à la fois le Président et le Premier Ministre que nous étions dans une crise industrielle profonde et que l'affaire du coût du travail ne pouvait pas se
resoudre d'un revers de main. C'est déjà une chose acquise.
Le Premier Ministre prétend avoir repris l'essentiel du plan Gallois, je suis assez d'accord sauf, et le détail est d'importance, que pour des raisons purement politique il a remplacé une mesure
simple par un truc compliqué qu'est la nouvelle niche fiscale pour les entreprises. Du coup le grand élan patriotique demandé par galois n'aura pas lieu, le choc de compétitivité n'aura pas lieu
non plus. Quant aux syndicats ils y voient encore un nouveau cadeau aux patrons donc ils sont contre également excepté la CFDT qui est à peu près la seule centrale à savoir raisonner..
Bayrou s'est exprimé : il prétend que les mesures mises en place par le gouvernement sont beaucoup trop compliquées, qu'elles vont créér beaucoup de controles et de paperasse. Et que les Français
dans leur ensemble ne vont retenir que l'augmentation de TVA. Bref : une usine à gaz qui risque fort de rater son objectif... Il confirme donc mes craintes et lui aussi, comme Louis Gallois sait de
quoi il parle !..
Dommage car il y avait là pour le gouvernement une occasion unique de redresser la barre. Si cette opération ne fonctionne pas rapidement et de façon efficace nous allons à la catastrophe avec une
courbe de chômage qui va continuer à se dégrader au delà des délais prévus...

Gérard Facon 07/11/2012 18:23



Côté « usine à gaz » je suis assez d’accord avec vous, encore convient il de préciser que la LOLF 2013 venant d’être établie avec une facture fiscale non négligeable, il était difficile
de charger un peu plus la mule. Le prochain prétexte à augmentation viendra de la Sécurité sociale avec la CSG qui ne peut être abandonnée. Après un réflexe de déception le patronat semble plus
satisfait, la balle est dans con camp, à lui de jouer le jeu et ainsi éviter les contrôles pointilleux. J’ai également noté un adoucissement très net dans le discours syndical.


 


                        Les hôteliers
hurlent mais ils ont quand même bien cherché cette remontée de la TVA. Pour fréquenter les restaurants je n’ai pas vu les prix bouger significativement hormis quelques exemples symboliques. Il
faut dire qu’ils s’étaient déjà bien goinfrés avec l’euro qui nous fait si mal car, là, les exemples de hausses insupportables concernent tous les commerces. Je pense que de relever de 0.4 point
la TVA à 19.6 ne devrait pas se traduire par une hausse des prix car la concurrence est rude. Dans une consommation atone.


 


L’idée de baisser de  point 0.5 le taux le plus bas qui concerne les produits de première nécessité est un message favorable. En revanche je suis plus
réservé sur l’effet de la hausse de 3 points pour le bâtiment, ce secteur étant créateur d’emplois dont certains non qualifiés.


 


J’attends maintenant la baisse des dépenses et dieu sait qu’il existe des gisements d’économies fabuleux permettant d’économiser sans casser les Services publics. Si j’étais Hollande je créerai
une nouvelle commission chargée de faire des propositions mais j’en exclurai les opérateurs habituels tel l’Inspection Générale des Finances … Je la composerai essentiellement de français lambda,
de consommateurs, de contribuables … mais aussi de fonctionnaires de base qui eux aussi sont fatigués des excès qui conduisent à en faire des boucs émissaires.


 



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  • Gérard Facon
  •  Formation économique, juridique, banque, comptabilité publique. Diplômé de l'Ecole Nationale du Trésor.
 Trésorier Principal du Trésor Public  honoraire, Directeur d'études Caisse des dépôts,coopérant finances à l'étranger.
  • Formation économique, juridique, banque, comptabilité publique. Diplômé de l'Ecole Nationale du Trésor. Trésorier Principal du Trésor Public honoraire, Directeur d'études Caisse des dépôts,coopérant finances à l'étranger.

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