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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 19:11

 

La perte du triple A n’a pas manqué de susciter de vives polémiques dans la classe politique, rien ne nous a été épargné. Une fois de plus, nos dirigeants, campés sur leurs positions intransigeantes, ont fait, au gré de leurs seuls intérêts, d’une agence de notation un allié ou un adversaire politique. A droite comme à gauche les mots dépassent souvent la réalité. Certes «la France ne s’est pas brutalement vidée de son sang», mais quand même, le coup de semonce est de taille, Fillon lui-même ne s’y est pas trompé.

 

Comme prévu les agences de notation se sont installées dans la campagne pour les présidentielles. Même si on peut, fort légitimement, considérer cette immixtion comme une atteinte à notre démocratie, cette intrusion aura l’indiscutable avantage de modérer très sérieusement les promesses électorales qui rendent les fous joyeux. Cette fois ce ne sera pas «plus pour tout le monde» mais «moins pour certains». Il va donc falloir indiquer clairement où se situe la ligne de partage entre riches et pauvres Il va falloir, et de manière non équivoque, que soit défini le seuil de revenus pour identifier un français riche. Qui va s’y risquer ? Personne je pense, on continuera de naviguer à vue, et, par habitude, de demander les sacrifices aux classes intermédiaires, celles qui ne sont pas assez riches pour défiscaliser massivement ou, pire encore, de s’évader vers des paradis fiscaux.

 

                        A toute chose malheur est bon. Ainsi, même si son intervention n’est pas encore institutionnalisée, la Banque Centrale Européenne intervient, depuis plusieurs jours, massivement sur le marché obligataire pour limiter la spéculation et réduire le coût de refinancement des dettes souveraines. Elle commence enfin à jouer son rôle de régulateur et de défense de la zone Euro. Il était temps.

 

                        C’est parfait, même s’il fallait un tel scénario pour en arriver là, on ne peut que se réjouir du recul des monétaristes capitulant devant une situation d’urgence. Certes l’Allemagne a conservé son triple A grâce au dynamisme de son commerce extérieur et à la maîtrise de ses finances publiques, mais, à moyen terme, ses perspectives ne sont pas aussi favorables. Sa dette est, elle aussi monstrueuse, et sa natalité peu favorable la conduit à encourager l’immigration d’étrangers qualifiés. Ceci explique peut être son mutisme sur les interventions de la BCE. Elle sait parfaitement qu’un effondrement du marché européen lui serait fatal. Je te tiens, tu me tiens par la barbichette  

 

                        L’Europe entière secouée par Standard and Poors serre les rangs pour limiter le coût exorbitant de sa dette, mais, dans le même temps, la situation en Grèce se détériore sensiblement. Pourquoi ?

 

                        Parce que les banques, comme les particuliers, assurées contre un défaut de paiement de la Grèce grâce aux CDS ont intérêt à ce qu’elle fasse faillite. Leurs assurances leur rapporteront beaucoup plus que le remboursement de 50% des actifs détenus comme en a décidé l’avant dernier sommet européen.

 

                        Ces banques vont donc refuser tout compromis, toute possibilité de sauvetage.

 

                        Tout ceci est bien compliqué à comprendre par le citoyen. Qu’il se rassure c’est voulu.  

 

                        Illustration de cette situation kafkaïenne, la baisse de l’Euro dope aujourd’hui le prix de l’essence à la pompe. Il y a encore quelques semaines on tentait de nous expliquer que la force de l’Euro pénalisait nos exportations et favorisait le chômage.

 

                        Alors, question à 1 euro, que doit souhaiter un chômeur faisant le plein à la station service pour se rendre à Pôle Emploi, un euro fort ou un euro faible ?

 

                        Il faudrait donc deux euros, un faible utilisé par les entreprises exportatrices et un fort pour les entreprises importatrices ou les consommateurs de carburant  

 

                        A ne plus rien y comprendre, sauf que, des états non endettés auraient des marges de manœuvre qu’ils n’ont plus.

 

                        La campagne présidentielle pourrait être celle du triple A :

 

                                   Assurément  nous sommes dans la m ….,

                                   A tenter de l’ignorer nous aggravons la situation,

                                   A le reconnaître c’est risquer de ne pas être élu.

 

                        Mais tous les protagonistes vont préférer la transformer en triple E :

                       

                                   Elisez moi je m’occupe de tout,

                                   Encore un peu de courage et nous allons en sortir,

                                   Evitez surtout de poser les questions qui fâchent …  

 

                        Ou, pire encore, «la situation est sous contrôle» comme le déclarait aux croisiéristes le capitaine du Costa Concordia.

 

                        Comme je l’écrivais il y a quelques jours le bateau coule donc fort normalement.

 

           

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Published by Gérard Facon - dans société
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  • : Créé par Gérard Facon
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  • Gérard Facon
  •  Formation économique, juridique, banque, comptabilité publique. Diplômé de l'Ecole Nationale du Trésor.
 Trésorier Principal du Trésor Public  honoraire, Directeur d'études Caisse des dépôts,coopérant finances à l'étranger.
  • Formation économique, juridique, banque, comptabilité publique. Diplômé de l'Ecole Nationale du Trésor. Trésorier Principal du Trésor Public honoraire, Directeur d'études Caisse des dépôts,coopérant finances à l'étranger.

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