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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 17:33

           Les dernières élections italiennes devraient interpeler notre classe politique qui, bien qu’avouant la rupture suicidaire entre l’élu et le citoyen apparaît toujours aussi suffisante, droite dans ses bottes. Si les mêmes causes produisent les mêmes effets, les mêmes pratiques produiront les mêmes catastrophes…

 

            Les vieux chevaux de retour de la politique osent effrontément prétendre encore pouvoir trouver «la solution» à notre situation financière dramatique qu’ils ont eux-mêmes créée au service d’un seul objectif : conserver le pouvoir « à tout prix» par des décisions démagogiques et financièrement insoutenables. Qui a voté les décisions d’emprunter sans compter ? Qui ose aujourd’hui présenter la facture au Peuple ? Reprocher au citoyen d’avoir bénéficié de cette vie à crédit pour tenter de se défausser de ses responsabilités me conduit à comparer l’homme politique au père de famille reprochant à son fils d’avoir des caries  pour s’être goinfré de bonbons … L’œuf ou la poule ?

 

             Même courageuse, la politique de Gribouille conduite par le gouvernement n’est pas de nature à rassurer les français. Le mensonge continue quand le Président prétend revenir à l’équilibre  budgétaire en 2017 après avoir renoncé à l’objectif bien plus modeste de 2013 ! Comment trouverons-nous 75 milliards ? Les français commencent à souffrir des «mesurettes» imposées par la situation catastrophique de nos régimes sociaux. Et pourtant, personne n’ose leur dire ce qu’ils savent : que ce qui les attend est bien pire.

 

            La plupart des ingrédients présents en Italie et en Allemagne dans les années 20 rôdent autour de nous. Une crise économique interminable qui sape les énergies, un chômage endémique, la paupérisation des classes moyennes, la peur de l’avenir, la tentative du repli …

 

            Dans toute l’Europe émergent des partis xénophobes et racistes qui surfent sur l’antieuropéisme, l’antiparlementarisme. Lorsque ces mêmes tendances rencontrent le succès dans des partis que l’on ne peut classer à l’extrême droite comme le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo il y a lieu d’être inquiet. Traumatisées par l’exemple Grec les classes populaires sont tentées par la grande aventure, sortie de l’Euro, fermeture des frontières, rejet de la classe politique, haine de l’étranger.

 

              Un nouveau terme est né : le French bashing (dénigrement de la France). Certes les propos du PDG de Titan traitant les ouvriers français de fainéants, de tire au flanc, sont inacceptables mais, globalement, la France ne va pas bien, tout le monde le sait, à commencer par les chômeurs et les exclus.

 

              Les résultats électoraux de l’Italie méritent donc analyse.

 

               Non, Beppe Grillo n’est pas Coluche même s’il perturbe le ronron politique italien comme l’avait fait un temps «Papy Moujo» sommé par les professionnels de la politique de s’en tenir à son strict rôle d’humoriste.

 

              Michel Colucci n’aurait jamais soutenu que le « sida est la plus grande farce du siècle inventée par l’occident », niant qu’il  est un virus transmissible. Ni prétendu  sans la moindre preuve, qu’une respectée lauréate italienne  du prix Nobel de médecine, Rita Levi-Montalcini, avait obtenu son prix en faisant corrompre le jury par une firme pharmaceutique. Il n’aurait pas expliqué que  les tests de diagnostic précoce du cancer sont dangereux, ni  que l’informatique est l’invention du diable. Il n’aurait pas non plus renvoyé dos à dos un parti de droite dirigé par un homme d’affaires beau parleur et corrompu, propriétaire de l’essentiel des medias du pays, qui a déjà, en la dirigeant,  conduit l’Italie à la ruine,  et un parti de centre gauche, dirigé par un homme honorable mais sans charisme, au programme honnête et lucide.

 

                    Si un quart des Italiens ont voté pour lui, ce n’est évidemment pas pour soutenir de telles stupidités. Mais juste pour dire qu’ils en ont assez de voir la vieille  classe politique refuser de laisser la place à des jeunes de talent.

 

                   C’est aussi parce que les Italiens n’ont vu de la politique de Mario Monti que la pilule amère à avaler sans avoir eu le temps de juger de l’impact qu’auront à terme les quelques réformes de structures qu’il a initié.

 

                C’est aussi, et sans doute surtout, parce que les citoyens, en Italie et ailleurs, en ont assez de voir les hommes politiques manquer de courage et ne pas leur dire la vérité.

 

             Et la vérité est très simple : Dans le monde qui vient, qui aura bientôt 9 milliards d’habitants, avides d’apprendre,  de produire, de créer et de consommer, nos vieilles nations d’Europe ne pourront conserver leur formidable niveau de vie qu’à condition de choisir clairement entre deux stratégies: se replier sur des cités-états  fermées sur elles-mêmes, et abandonnant leur environnement au déclin,  ou se regrouper en une vraie puissance européenne, politiquement unie,  de la taille des grandes nations-continents de demain.

 

                   Pour cela, il faut prendre acte de ce que le nécessaire désendettement passe autant par la croissance que par la rigueur. Que la rigueur seule aggrave la dette ;  que l’euro ne peut-être le simple prétexte d’une austérité qui ne mène  à rien, sinon au chômage de masse ;  que sans réforme institutionnelle majeure, lui donnant les moyens de la croissance, toute l’eurozone aura bientôt le statut de la Grèce, et  qu’il lui faudra  alors  renégocier avec ses  créanciers, dans des conditions extrêmement pénibles.

 

                  Au total,  la croissance suppose une politique volontariste que seul peut décider une nation-continent ou une cité-état. Etre la Chine ou Singapour. Etre Venise ou les Etats-Unis d’Europe.

 

                  Voilà ce que signifie cette montée d’un populisme incertain source de tous les dangers. Elle constitue un appel  à la décision. Si les démocraties n’en sont pas capables, elles seront balayées par des gouvernements autoritaires, qui décideront, et  prendront au pied de la lettre les propositions de Grillo et de ses semblables.

 

                   Il n’y a plus de place pour les demi-mesures. Les faux semblants. Le pire ennemi de l’homme aujourd’hui, c’est lui-même. Sa capacité à ne pas accepter les choses comme elles sont : Il a voulu être libre. Il l’est. Plaise au ciel qu’il ne se le prouve pas à lui-même en se suicidant.

 

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Published by Gérard Facon - dans politique
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  • : Créé par Gérard Facon
  • : La vie municipale et nationale examinée par un citoyen Lafittois.
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  • Gérard Facon
  •  Formation économique, juridique, banque, comptabilité publique. Diplômé de l'Ecole Nationale du Trésor.
 Trésorier Principal du Trésor Public  honoraire, Directeur d'études Caisse des dépôts,coopérant finances à l'étranger.
  • Formation économique, juridique, banque, comptabilité publique. Diplômé de l'Ecole Nationale du Trésor. Trésorier Principal du Trésor Public honoraire, Directeur d'études Caisse des dépôts,coopérant finances à l'étranger.

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