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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 00:32

 

 

 

                            Le Premier ministre vient de prononcer son discours de politique générale qui reprend, et c’est bien normal, les engagements de campagne de François Hollande. Sa promesse de tout dire aux français ne tient déjà pas la route, en disant que nous nous en sortirons sans citer le moindre chiffre il a déjà menti. Inutile de disserter sur la sémantique, certains mots comme celui de rigueur faisant peur à tous nos dirigeants, on préfère parler de «situation difficile» ce qui ne change rien pour notre avenir.

 

                            En dépit des propos alarmistes de la Cour des comptes rien n’a été dit sur les incontournables réductions de dépenses préconisées, bien au contraire. Ainsi, le nombre de fonctionnaires ne fléchira pas. Si, comme l’affirme le Premier ministre, le total des effectifs n’augmentera pas en dépit du recrutement sur 5 ans de 70 000 fonctionnaires dans le secteur de l’Education, de l’Intérieur et de la Justice certains ministères vont donc être tondus. Ainsi, la Défense, les Finances, L’Agriculture et tous les autres ministères … vont devenir des secteurs non prioritaires donc secondaires. Je souhaite bon courage au Premier ministre pour faire «passer la pilule»

 

                            L’audit de la Cour des comptes réclamé par le gouvernement ne pourra lui donner prétexte à dérobade, il ne contient aucun jugement sur le passé, mais, en revanche, de «pressantes recommandations» sur les choix susceptibles de nous sortir du fort mauvais pas dans lequel nous ont placés, droite et gauche confondues, nos dirigeants depuis plus de 30 ans responsables de déficits récurrents et accumulés.

 

                            Que dit la Cour ? Qu’il faut drastiquement réduire la dépense publique mais que ceci ne suffira pas, qu’il faudra en outre augmenter la fiscalité à assiette large Tva et Csg. Rien de tout ceci n’a été repris dans le discours de monsieur Ayrault.

 

                            Nos élus vivent vraiment dans «leur bulle» incapables de montrer l’exemple en modifiant leur statut incongru, en tenant, dans un apparat anachronique comme ces roulements de tambour hérités d’un autre siècle, ces huissiers en surnombre payés à prix d’or, décorés comme la Castafiore, des propos qui ne collent ni à notre siècle ni à notre situation. C’est révoltant pour une République moderne qui devrait se vouloir un peu plus modeste. N’en déplaise au Président ordinaire, la gauche caviar est de retour.

 

                            Dix milliards à trouver en 2012, trente trois en 2013 (plus que le budget de la défense) et une seule réponse : les riches vont payer… sauf s’ils choisissent de quitter notre territoire. Sur ce point je ne suis pas choqué, il est grand temps, dans ce pays, de revenir à un peu plus de décence dans les écarts entre riches et pauvres. Là où je ne suis pas d’accord c’est de tenter de démontrer aux français que toute la solution est là. Certes il reste bien quelques recettes à trouver du côté de l’Impôt sur les grandes sociétés, mais, dans un monde où la distance ne compte plus, c’est courir le risque de voir migrer leurs sièges sociaux vers des pays plus attractifs. Et les niches fiscales déjà largement rabotées devenues le serpent de mer, lesquelles seront touchées, les services à la personne, le livret A si cher aux français ?

 

Bien sûr on peut aussi taxer davantage les revenus élevés prenant là aussi le risque de priver notre pays des cerveaux dont il a tant besoin. Sur ce point, parlant il a quelques jours avec un ami médecin libéral celui-ci n’a pas hésité à me dire qu’il travaillerait encore moins pour payer moins d’impôts … Voilà un réel sujet d’interrogation sur la désertification médicale. Plus les médecins gagneront et moins ils travailleront. Dans cette quadrature du cercle si l’Etat veut lutter efficacement contre la désertification médicale il va devoir faire un choix, réduire les honoraires des praticiens ou leur concocter un régime fiscal incitatif.

 

On peut enfin s’attaquer au monde de la finance à condition toutefois que la planète entière aligne sa stratégie. D’ici là les poules auront des dents.

 

                            Avant même d’avoir trouvé le premier centime d’euro de recette nouvelle le gouvernement s’est lancé dans la dépense électoraliste, les français l’ont suivi, dégoûtés de l’ancien régime qui leur a tout promis et peu donné.

 

                            Pire encore, des mesures d’économie de bon sens comme la création des Conseillers territoriaux sont définitivement enterrées, tout çà pour faire plaisir aux élus locaux majoritairement socialistes. Une nouvelle ère de la décentralisation est annoncée qui, comme toutes autres, ajoutera une couche supplémentaire au mille feuilles de l’organisation territoriale.

 

                            Les riches vont payer, mais le problème est de savoir à partir de combien on est riche … En fait, hors bénéficiaires des minima sociaux, tous les français vont être réputés riches car la facture est si lourde qu’elle ne pourra être supportée par une infime minorité.

 

                            Inutile de prétendre épargner des foudres fiscales la classe populaire ou la classe moyenne quand on est incapable d’en définir le profil exact. Une fois encore c’est de ratatouille politique, de l’abus de confiance caractérisé. Le temps des paroles est dépassé, l’urgence exige des actes.

 

                           Comme tous les autres pays surendettés nous sommes pris dans la seringue, il faut avoir le courage de le dire. Même si, à court terme, la réduction de la dépense publique peut coûter quelques dixièmes de point de croissance, la refuser c’est aggraver la situation, c’est reporter indéfiniment le retour à un équilibre inévitable chaque jour plus compromis.

 

                            En Volvestre nous sommes bien placés pour vérifier l’appétence des élus socialistes en matière fiscale. Dans la droite ligne de leurs inavouables pratiques, ils vont, les élections municipales approchant, faire une pause temporaire pour mieux se rattraper leur réélection assurée. Que les électeurs fassent preuve d’un peu d’introspection, qu’ils se rappellent, au moment du vote, le matraquage fiscal dont ils ont fait l’objet au cours de ces quatre dernières années. Peut être décideront ils enfin de placer aux commandes de vrais gestionnaires peu soucieux de leur popularité.

 

                            Plus que jamais nous devons choisir entre notre souveraineté qui exige un retour à une saine gestion ou la fuite en avant avec la création d’une l’Europe fédérale économiquement forte et gérée à l’Allemande.

 

                            Mon seul point d’accord avec le Premier ministre c’est de partager avec lui sa conviction, les efforts vont être pénibles et très longs.

 

                            A force de déconner depuis trente ans nous allons devoir payer la facture astronomique de nos excès.

                                                       

                                                                     

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Published by Gérard Facon - dans politique
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  • Gérard Facon
  •  Formation économique, juridique, banque, comptabilité publique. Diplômé de l'Ecole Nationale du Trésor.
 Trésorier Principal du Trésor Public  honoraire, Directeur d'études Caisse des dépôts,coopérant finances à l'étranger.
  • Formation économique, juridique, banque, comptabilité publique. Diplômé de l'Ecole Nationale du Trésor. Trésorier Principal du Trésor Public honoraire, Directeur d'études Caisse des dépôts,coopérant finances à l'étranger.

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