Partager l'article ! ENFIN, CETTE FOIS NOUS Y SOMMES …: & ...
Ce je supputais dans mon article précédent est devenu réalité : l’aire de grand passage des gens du voyage se fera bien à Lafitte. Je viens d’en avoir confirmation ce matin par un des proches du maire, aucun doute n’est donc plus permis.
Notre «cher» maire va tenter, fort jésuitiquement, de nous expliquer qu’il s’agit d’une décision prise par l’Etat, qu’il n’est finalement pour rien dans tout ceci et que la décision a été prise à son insu. Contre sa volonté sans aucun doute si je m’en réfère à ses écrits, mais à son insu certainement pas.
Je connais bien le fonctionnement des services déconcentrés de l’Etat. Même si la Puissance publique peut, parfois, être prépondérante dans un projet d’intérêt général, il n’est pas dans les pratiques de l’Administration de prendre des décisions de ce type sans une large concertation préalable. Ne jouez pas les ingénus, monsieur le maire, vous saviez parfaitement que ce risque existait, vous deviez nous y préparer, nous permettre de nous exprimer, de nous organiser.
En «fin politique» que vous devriez normalement être après toutes ces années «d’exercice solitaire du pouvoir », vous devriez rappeler à l’Etat et à son représentant local que vous vous êtes prononcés publiquement, sans équivoque, en notre nom, vous et votre Conseil unanime, contre la création de cette aire de grand passage. L’accepter aujourd’hui c’est trahir lamentablement votre parole. Que vaut donc votre engagement écrit, votre tract distribué il y a deux ans dans nos boîtes aux lettres déclarant votre hostilité totale à ce projet ?
L’alternative est simple, ou vous «couchez les pouces» et vous vous rendez complice d’un excès de pouvoir de l’Etat, ou vous vous battez pour faire respecter la parole donnée à vos administrés.
Si vous décidez de vous battre, de fustiger une décision que vous avez refusée solennellement, vous disposez , en votre qualité de mandataire des Lafittois, de l’arme absolue : la démission immédiate de votre Conseil municipal. Pour bien connaître les effets ravageurs d’une telle décision qui exprime une symbiose totale entre un Conseil municipal et ses administrés je suis convaincu que l’Etat reverra sa copie.
Même battus, nous pourrons, malgré tout, marcher la tête haute, fiers d’avoir défendu le concept de la décentralisation supposée donner la parole aux populations face aux technocrates.
Si vous acceptez ce projet dans le seul souci de conserver votre pouvoir par une reddition en rase campagne vous aurez commis un acte démocratiquement blâmable que vous et vos supporters paieront très cher le moment venu. .
Certes, en démissionnant vous savez prendre le risque de ne pas être réélu, c’est non seulement le jeu démocratique mais beaucoup plus, la noblesse d’un élu local courageux en charge de la défense de sa population. Un élu capable de défendre ses convictions, j’en ai rencontré quelques uns dans ma carrière, j’aimerais vous compter parmi eux. .
A votre place je l’aurais déjà fait, sans hésiter une seule seconde, par respect de la parole donnée, avant même de rencontrer le représentant de l’Etat chargé de «vendre» à notre Conseil municipal, dans une réunion déjà programmée ce nouveau projet attentatoire à notre droit le plus élémentaire de choisir notre cadre de vie
En matière de maîtrise de notre environnement le projet Eoval était d’une toute autre nature. Bien que largement contesté par la population, il était supposé recevoir, en notre nom, par le truchement de notre Conseil municipal, notre accord. Cette fois les choses sont différentes, ce sont quelques technocrates qui décident pour nous. Alors que pour le projet Eoval les conseillers municipaux avaient le droit de partager vos convictions sur «l’opportunité» du projet, ils vont devoir, cette fois renier leur signature.
Ils sont ainsi passés du stade des convictions au principe de l’honneur. Nous allons dès lors pouvoir vérifier le respect de la parole donnée par chacun d’eux.
Vous avez, c’est vrai, tout à perdre en provoquant une nouvelle élection, vos conseillers qui exercent bénévolement leur mandat n’ont eux, qu’à choisir entre la dignité de leur signature et leur soumission au système. Ils peuvent choisir librement, ils en sortiront grandis ou félons. En se maintenant aux affaires ils entretiendront dans notre village un climat déjà fort délétère préjudiciable aux multiples enjeux qui nous attendent.
Vos vieux amis Lafittois vous regardent avec circonspection, vos ennemis héréditaires se réjouissent de vos difficultés, la jeune population commence à faire ses comptes et à ouvrir les yeux. En fait votre camp se réduit à quelques irréductibles, c’est bien peu pour justifier une légitimité et conduire sereinement l’avenir d’un village en pleine métamorphose.
Vous disposez aujourd’hui d’une réelle opportunité pour nous démontrer votre combativité, votre souci de faire respecter vos engagements : démissionnez, montrez à l’Etat et à sa technocratie que nous sommes des insoumis, hermétiques aux ukases venus d’en haut.
Voilà en quelques mots résumée votre situation, à vous de choisir : représenter dignement les Lafittois en vous battant avec ardeur ou jeter le bébé avec l’eau du bain.
« Le meilleur de nos convictions ne peut se traduire par des paroles. Le langage n’est pas apte à tout » les actes sont toujours préférables aux promesses …
A vous de jouer monsieur le maire, nous vous jugerons sans faiblesse.