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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 00:43

 

 

                         Dans le tourbillon médiatique de la présentation du budget 2013, difficile pour les français de s’y retrouver.     La gauche accuse la droite d’avoir creusé notre dette de 600 milliards d’euros en cinq ans, la droite reproche à la gauche de céder, une fois encore, à ses vieilles chimères de relance apocryphe. Les uns dénoncent le matraquage fiscal, les autres parlent de justice fiscale … Qui à raison ? L’heure n’est plus aux débats mais au constat. Cette fois nous n’échapperons pas aux dures réalités de l’économie parce que  nous sommes «au bout du bout»

 

                        Dans cet océan de déclarations toutes sujettes à polémique il suffit de s’en référer aux chiffres pour renvoyer, dos à dos, les acteurs politiques qui gèrent depuis trente ans notre pays, droite et gauche confondues. Tous ces élus inamovibles ne méritent qu’une chose, être définitivement écartés du pouvoir pour mensonge, incompétence et calcul électoral. Voilà la première mesure à prendre pour redonner confiance aux français.

 

                        Le plus petit commun dénominateur partagé par les deux protagonistes, UMP, PS, est le poids insupportable de notre dette souveraine. Tous deux s’accordent sur un point, il faut impérativement  réduire notre dette pour retrouver notre indépendance. Ils ont raison, un client douteux est toujours soumis aux exigences de son banquier.

 

Au-delà des polémiques politiciennes tenons nous en aux chiffres.

 

                        Les intérêts de notre dette souveraine représentent 50 milliards d’euros par an, soit 15% du budget de l’Etat, un montant équivalent au budget de l’Education Nationale, premier budget de la nation.

 

                        Après 13 milliards ponctionnés par le gouvernement Sarkozy , nous en prenons maintenant pour 30 milliards de plus pour tenter de revenir à un déficit de 3% de notre PIB, chiffre discutable qui repose sur une croissance de 0.8 % estimée par tous les économistes de Place comme «optimiste». Si la croissance est nulle il manquera encore 8 milliards qui imposeront un nouveau plan de rigueur…. La croissance ne se décrète pas !

 

                        Cette parenthèse fermée, venons en à d’autres chiffres fondamentaux.

 

                        Commencer à réduire notre dette exigerait de dégager, chaque année, un excédent primaire (différence entre recettes et dépenses, hors intérêts de la dette) et d’affecter cet excédent au remboursement de notre dette. Or, après un premier écumage de 30 milliards, mesures intégrées dans le budget 2013, soit dix milliards ponctionnés à parité sur les ménages, les entreprises et les économies budgétaires, notre déficit primaire sera encore de 3% du Produit Intérieur Brut soit 60 milliards … deux fois le «sacrifice historique»  demandé en 2013 aux français.

 

                        Supposons que ces soixante nouveaux milliards soient trouvés dans une nouvelle «saignée» permettant de revenir au strict équilibre budgétaire. Il faudrait alors plus d’un siècle pour rembourser notre dette dans l’hypothèse d’un prélèvement annuel supplémentaire de 20 milliards d’euros imposant des sacrifices insupportables.

 

                        C’est évident, en demandant aux français de «voir la vie en rose» nos gouvernants nous mentent effrontément, les années qui viennent vont être terribles, effroyables ... Il est temps de le dire, l’heure n’est plus aux mensonges et aux promesses qui rendent les fous joyeux …

 

                        En recourant sans scrupules à l’emprunt, nos dirigeants, de droite et de gauche, ont, depuis 30 ans, tissé, avec application, la nasse dans laquelle nous nous trouvons emprisonnés aujourd’hui. Augmenter les prélèvements fiscaux et sociaux, réduire la dépense publique c’est risquer de plonger la France dans la récession, ce que vit actuellement la Grèce. Sur ce point le Front de gauche à partiellement raison, nous risquons de tuer le malade. Beaucoup d’économistes éminents partagent cette analyse. Nous sommes tout simplement victimes de nos abus. Ils ont été si excessifs qu’il n’existe pas de remède miracle. Après la période d’inconscience nous allons devoir apprendre à vivre fort dangereusement, avec, pour seule certitude, que les meilleures années sont derrière nous. Tant pis pour notre jeunesse, elle paiera cette facture monstrueuse que nous lui laissons en héritage…

 

                        Nous n’avons plus qu’un mince espoir pour en en sortir, devenir exportateurs, rétablir notre catastrophique balance des paiements indicateur primaire de notre richesse. Nous devons nous enrichir par notre travail, certainement pas en distribuant, comme aujourd’hui de l’argent que nous empruntons, faisant passer , en trois mois, notre dette de 90 à 92% du PIB. Nous voici ainsi confrontés aux cruels faux débats de société : assistanat, immigration qui font le lit de l’extrême droite…

 

                        Il faut travailler plus, revenir aux 40 heures, faire une chasse impitoyable aux fraudes fiscales et sociales, avoir le courage de prendre des mesures impopulaires, revoir le financement de notre système de protection sociale en perdition livré aux mains de «capitalistes de la santé» toujours plus voraces.

 

                        En pérennisant un mode de gouvernance voué à l’échec nous favoriserons l’émergence des extrêmes, la nostalgie du Sarkozisme.

 

                        Monsieur Hollande vous êtes arrivé au mauvais moment, celui où les chiffres ne peuvent plus être camouflés, où la sociale démocratie expression consensuelle mais creuse  est déjà très largement dépassée. PSA, Arcelor Mittal, Sanofi et bien d’autres …  constituent autant d’exemples d’incantations et d’agitations politiques vaines, de promesses coûteuses et intenables, n’en déplaise à monsieur Montebourg pourfendeur d’un capitalisme qui nous tient par notre dette.

 

                        «Notre dette» tout est là, fruit d’une démagogie politique qui n’a fait que creuser les écarts de revenus et, je ne l’avalerai jamais, qui a imaginé une nouvelle classe sociale, celle des «travailleurs pauvres». Là est le scandale, celui de ne plus pouvoir vivre dignement de son travail, une souillure pour la France des Droits de l’homme.

 

                        Le «choc compétitif» est inéluctable. Je vous souhaite beaucoup de courage pour le mettre en œuvre, les résistances seront fortes allant, par pur égoïsme corporatif, par indifférence ou fatalisme politique jusqu’au suicide collectif. L’immaturité politique des français n’est que le fruit d’un régime de cooptation confiscatoire auquel il convient de mettre fin au plus vite pour redonner aux français l’espoir de devenir les acteurs de leur propre avenir. Pérenniser ce système c’est renoncer à la mobilisation collective sans laquelle rien n’est possible. Le projet de loi sur le cumul des mandats sera, sur ce point, très instructif de votre volonté de changement.

 

                        J’ai confiance en vous pour avoir voté pour vous. Ne me décevez pas, bousculez les droits acquis, mettez en œuvre ce que la droite n’a pas été capable de faire.

 

                        Bougez la France, débarrassez nous de ces pachydermes cacochymes qui nous ont conduits là où nous sommes.

 

Fixez nous un cap ambitieux, motivant, donnez nous des femmes et des hommes neufs.

 

Montrez nous que le changement n’est pas pour demain mais pour aujourd’hui car il y a le feu dans la maison France.

                       

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Published by Gérard Facon - dans politique
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  • Gérard Facon
  •  Formation économique, juridique, banque, comptabilité publique. Diplômé de l'Ecole Nationale du Trésor.
 Trésorier Principal du Trésor Public  honoraire, Directeur d'études Caisse des dépôts,coopérant finances à l'étranger.
  • Formation économique, juridique, banque, comptabilité publique. Diplômé de l'Ecole Nationale du Trésor. Trésorier Principal du Trésor Public honoraire, Directeur d'études Caisse des dépôts,coopérant finances à l'étranger.

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