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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 21:49

                

         Depuis 25 ans je suis un traitement de fond contre l’hypertension. Il y a une dizaine d’années, lors de l’arrivée des médicaments génériques, j’ai accepté de changer mon médicament habituel pour un générique. Mon médecin ayant constaté au cours des mois suivants une anomalie de réaction, a décidé, en conscience, de revenir à mon médicament d’origine qui, lui, se révèle toujours efficace. Conformément aux prescriptions de la Sécurité sociale il a toujours indiqué sur ses ordonnances que ce médicament n’était pas substituable. Le pharmacien m’a toujours délivré mon médicament d’origine sans la moindre difficulté.

 

                        A ma grande surprise je me suis vu contraint, aujourd’hui, d’accepter le générique ou de payer le médicament normal…  Mais, plus déroutant encore, le pharmacien m’a indiqué qu’il me délivrerait dès lors une feuille de maladie à envoyer à la Sécu …. Pour me faire rembourser !!! Cherchez l’erreur ?

 

                        Sauf à faire travailler la Poste, nous aurons, une nouvelle fois, franchi le comble du ridicule :

 

-         la télétransmission de la carte vitale étant impossible il faudra que la Sécu «traite manuellement» mon dossier ce qui va engendrer des coûts de main d‘œuvre,

-         une feuille de maladie aura été stupidement utilisée,

-         pour créditer mon compte la Sécu devra acquitter les frais interbancaires …

 

En l’état le profit pour la Sécu est négatif, il est transparent pour moi (excepté mes frais d’envoi), et l’avance du prix de mon médicament.

 

Si je cherche malicieusement à analyser cette ineptie, j’en déduis que tout ceci n’est pas innocent. Pour un cas isolé qui peut avancer le prix du médicament, des milliers d’assurés, incapables de faire l’avance, vont devoir se contenter du générique. Ceci nous prépare perfidement à l’idée de ne pouvoir trouver sur le marché que des médicaments génériques. Le pharmacien pourra dès lors choisir tel ou tel médicament générique en fonction de ses propres intérêts, les labos referont leurs marges et la boucle sera bouclée à nos frais.

 

Fondamentalement cet exemple vécu pose clairement le problème de la Sécurité sociale à deux vitesses. D’un côté ceux qui peuvent choisir et de l’autre ceux qui ne le peuvent pas, ceci au mépris de l’avis médical.

 

A ne pas vouloir traquer les abus nos gouvernants ne prennent que des mesures homéopathiques qui ne résoudront rien et qui irriteront un peu plus les français.

 

La gauche est elle réellement revenue au pouvoir ? J’en doute pour ne pas lui trouver le courage de s’attaquer frontalement au lobby médical qui, il est vrai est largement représenté sur les bancs de l’Assemblée. Le thème du « lobby médical » est un lieu commun du débat public relatif à la politique de santé publique et de la protection maladie particulièrement prégnant au moment des campagnes électorales. Après la haute fonction publique ce sont les députés issus du monde médical qui sont les plus nombreux.

 

La Sécurité sociale est la propriété des français, certainement pas la source de produits colossaux qui conduisent aux excès les plus ignobles.

 

A quand le retour de la Gauche ?

 

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Published by Gérard Facon - dans société
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commentaires

facon 22/08/2012 18:32

En fait de serment d'Hippocrate c'est plutôt le serment d'hypocrite!!!

Mocaf51 06/08/2012 21:14

Pas de soucis, les medicopolitiques ont mis la main sur le magot de la sécu. Un exemple parmi bien d'autres, le site médipole de Bourgoin-Jallieu dans l’Isère: Ici la commune a acheté le terrain et
donné GRACIEUSEMENT pour créer un hôpital l'Hôpital Pierre Oudot (374 lits), un centre psychiatrique le Centre psychothérapique Nord-Dauphiné (170 lits) et la Clinique Saint-Vincent-de-Paul (144
lits). La ville a supporté seule le premier investissement foncier avant de mettre à disposition gratuitement les terrains aux trois établissements (20 hectares). Le Conseil général et la CAPI (
communauté d'agglo portes de l'Isère) se sont engagés, ainsi que quelques municipalités environnantes.
Surprise,Une maison des consultants est située à l'intérieur de l'enceinte de la Clinique St-Vincent-de-Paul mais elle en est indépendante. Elle appartient aux praticiens qui y installent leur
cabinet. La plupart exercent également à la clinique. Ainsi les fonds publics (communes, département et communauté d'agglo) financent des intérêts privés sans émouvoir personne...
Le montage médical est aussi très parlant hôpital et hôpital psy à la charge de la sécu, clinique privée et maison des consultants pour les malades acceptant sans rechigner les dépassements
d'honoraires.
" Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire."

Lire la suite: http://droit-medical.com/perspectives/la-forme/57-serment-hippocrate-serment-medical#ixzz22nLV69cw

Bonne soirée

jp echavidre 31/07/2012 23:50

Je confirme tout à fait ces propos pour avoir vécu exactement les mêmes faits. Les pharmaciens qui sont totalement désolés de ces mesures, qui leur compliquent à eux aussi la tâche, ont reçu des
consignes très strictes de la Secu. La technocratie la plus stupide est en train de sévir et je crains fort que nous n'ayons encore pas tout vu !...

Jean Pierre Echavidre

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  • Gérard Facon
  •  Formation économique, juridique, banque, comptabilité publique. Diplômé de l'Ecole Nationale du Trésor.
 Trésorier Principal du Trésor Public  honoraire, Directeur d'études Caisse des dépôts,coopérant finances à l'étranger.
  • Formation économique, juridique, banque, comptabilité publique. Diplômé de l'Ecole Nationale du Trésor. Trésorier Principal du Trésor Public honoraire, Directeur d'études Caisse des dépôts,coopérant finances à l'étranger.

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